DIU MA2

La maladie d’Alzheimer au programme du premier séminaire (première partie)

La maladie d’Alzheimer au programme du premier séminaire (première partie)

La maladie d’Alzheimer au programme du premier séminaire (première partie)

Du 10 au 12 décembre 2015 s’est tenu le premier séminaire dédié à la maladie d’Alzheimer. Dans l’amphithéâtre A de la faculté de médecine de Lille, les enseignants du DIU MA2 se sont succédés au pupitre.

 

 

 


Le DIU MA2 et la FCMRR
Joël Ménard

Joël Ménard, président du conseil scientifique du Plan Alzheimer 2008-2012

Après quelques mots de bienvenue du Pr Florence Pasquier, le Pr Mathieu Ceccaldi, président de la FCMRR, a donné le coup d’envoi avec un exposé rappelant l’évolution de la prise en charge des troubles cognitifs au fil des différents plans, aboutissant à la création des centres mémoire, de ressources et recherche (CMRR), puis de la fédération des CMRR le 17 novembre 2004 à Tours. Plus de 10 ans après sa création, la FCMRR aspire à devenir une société savante. Initiative de la FCMRR pour une formation médicale multidisciplinaire au diagnostic et à la prise en charge des maladies d’Alzheimer et apparentées, le DIU MA2 participe de cette ambition. 

 

Cette séance inaugurale été partagée avec le Pr Joël Ménard, président du conseil scientifique du Plan Alzheimer 2008-2012. Dans une allocution virtuelle aux étudiants, le parrain du DIU MA2 a tiré les enseignements du Plan Alzheimer et présenté les perspectives et les enjeux de la prise en charge des MA2 et de la recherche. Dans son style vigoureux et sans détour, il a exhorté les nouvelles générations à innover et à se structurer pour relever les innombrables défis posés par la maladie d’Alzheimer.

 

Le Pr Ménard est l’auteur de Médecine de la mémoire, mémoire de médecin : Le Plan Alzheimer 2008-2012, aux éditions Solal. 

 

 

 


Normal et pathologique
Béatrice Desgranges

Béatrice Desgranges, Professeur de Neuropsychologie à l’Université de Caen

Avant d’aborder la maladie, il était important d’essayer de tracer une frontière entre normal et pathologique. Cette question épistémologique fondamentale revêt une importance particulière en ce qui concerne les troubles cognitifs et de la mémoire. C’est la difficile mission qui était confiée à Béatrice Desgranges, de l’UMR-S 1077 Neuropsychologie et neuroanatomie fonctionnelle de la mémoire humaine de l’université de Caen. Or la neuropsychologie et la neuroimagerie sont capables de distinguer précocement les troubles mnésiques liés au vieillissement normal de ceux liés à la maladie d’Alzheimer. Les troubles de la mémoire liés à l’âge sont essentiellement dus à une fragilisation du cortex préfrontal, dont les performances décroissent malgré un phénomène d’hyperactivation compensatoire. Enfin dans la dernière partie de son exposé, Béatrice Desgranges a développé les concepts de réserve cérébrale et cognitive et leurs bases en neuroimagerie.

 

Avec le Pr Francis Eustache et leurs collaborateurs, Béatrice Desgranges est entre autres références l’auteur du Manuel de Psychologie, éditions Dunod, et d’un ouvrage de vulgarisation pour le public et les aidants intitulé Alzheimer : fatalité ou espoir ? aux éditions Le Muscadier.

 

 

 


Paradoxes de l’épidémiologie

L’épidémiologie de la maladie d’Alzheimer a été abordée par le Dr Julien Dumurgier, du CMRR de Paris-Lariboisière. S’il est acquis que le maladie d’Alzheimer est la première cause de démence et qu’elle représente un enjeu gigantesque de santé publique, il est difficile d’obtenir des données fiables sur sa prévalence exacte, ce qui justifie de recouper les sources pour affiner les estimations. Passant de l’épidémiologie descriptive à l’épidémiologie analytique, le paradoxe des facteurs de risque vasculaire a été présenté aux étudiants. Si ces facteurs sont associés à un risque supérieur de développer la maladie dans la majorité des études, les essais cliniques prospectifs sur les antihypertenseurs, les statines ou les antidiabétiques oraux n’ont pas à ce jour montré d’effet probant pour prévenir ou freiner la maladie d’Alzheimer. Finissant avec une note optimiste, Julien Dumurgier a montré que, contrairement aux idées reçues, l’incidence des démences serait en diminution.

 

 

 


PART et prion
Charles Duyckaerts

Charles Duyckaerts, chef de service du laboratoire de Neuropathologie Raymond Escourolle, Pitié-Salpêtrière, Paris

La neuropathologie de la maladie d’Alzheimer est le domaine du Pr Charles Duyckaerts, chef du département de neuropathologie Raymond Escourolle de la Pitié-Salpêtrière et ancien chef de l’équipe Maladie d’Alzheimer, Maladies à Prions de l’Institut du Cerveau et de la Moelle à Paris. Les lésions élémentaires de la maladie d’Alzheimer consistent en deux types d’agrégats: les inclusions de protéine tau forment les dégénérescences neurofibrillaires, et les agrégats extracellulaires de peptide A-bêta forment les dépôts amyloïdes. Les dépôts focaux prennent le nom de plaque sénile dès lors qu’ils sont entourés d’une couronne neuritique. Les lésions progressent dans le temps et dans l’espace de façon relativement stéréotypée : selon les 6 stades de Braak & Braak pour la pathologie neurofibrillaire, et selon les 5 phases de Thal pour la pathologie amyloïde. Les lésions se propagent vraisemblablement par diffusion passive pour le peptide A-bêta et par les connexions pour la pathologie tau.  La relation temporelle et la synergie entre pathologie neurofibrillaire et pathologie amyloïde sont encore largement incomprises.

 

Ce cours magistral était l’occasion d’aborder une controverse récente sur la taupathie primaire liée à l’âge (primary age-related taupathy ou PART), cette nouvelle entité désignant une pathologie neurofibrillaire restreinte à l’hippocampe et au cortex entorhinal. S’agit-il du premier stade de la maladie d’Alzheimer, comme le suggère Charles Duyckaerts, ou d’une entité pathologique indépendante ? Enfin les travaux récents sur des cas de maladie de Creutzfeldt-Jakob iatrogène, qui suggèrent la transmissibilité de la pathologie amyloïde sur un modèle prion, ont été largement discutés.

 

 

 


Twisted tubules ou Paired helical filaments ?

Le professeur Charles Duyckaerts était également l’orateur que nous avions choisi pour la première conférence ouverte du DIU MA2, jeudi 10 décembre 2015 à 20h. Dans son histoire très personnelle des démences à travers la neuropathologie, Charles Duyckaerts nous a initiés aux intrigues et aux grandes découvertes de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Il nous a fait visiter le laboratoire de Santiago Ramón y Cajal où les blouses sont souillées par les sels d’argents. Comment un soldat américain rescapé de l’offensive von Rundstedt est-il devenu l’acteur d’une controverse sur l’ultrastructure des dégénérescences neurofibrillaires ? Comment les Archives de pathologie de Bruxelles, journal d’anatomie pathologique de langue française, sont-elles entrées dans la postérité grâce à une brève de Jean-Pierre Brion ? Autant de questions qui ont tenu en haleine une audience fascinée.

 

 

 


La fondation Plan Alzheimer et la Ligue Européenne contre la Maladie d’Alzheimer, partenaires du DIU MA2

Le Pr Philippe Amouyel, Directeur Général de la Fondation Plan Alzheimer, et Madame Géraldine Drexel De Buchy, Directrice Générale de La Ligue Européenne Contre la Maladie d’Alzheimer (LECMA), sont intervenus en préambule de la conférence. Cela a été l’occasion pour les étudiants et l’équipe pédagogique de les remercier chaleureusement pour leur soutien, indispensable à l’organisation du DIU MA2.

 

LECMA logologo fondation plan alzheimer

 

 

A venir : La maladie d’Alzheimer au programme du premier séminaire (seconde partie)